utilisations du mot Montblanc
Depuis 1906, la société allemande Montblanc (Montblanc International GmbH) commercialise d’abord des Stylos bille Génération , puis des montres , des petits porte monnaie , des lunettes et des parfums. La marque est déposée. Le symbole le plus fort de la marque se révèle être incontestablement l’étoile blanche. Le nombre 4810 est également un élément récurrent.
Le Montblanc (en italien monte Bianco), dans le massif du Mont-Blanc, entre le département de la Haute-Savoie (France) et la vallée d’Aoste (Italie), objet d’un litige entre les deux pays, est le point culminant de la chaîne des Alpes. Avec une altitude de 4 810,90 mètresil est le plus haut sommet d’Europe occidentale et le cinquième sur le plan continental en considérant les montagnes du Caucase, et il offre un large panorama.
De nombreux itinéraires populaires permettent de le gravir avec une préparation sérieuse, tout en pensant à respecter ce milieu fragile.
Le sommet a depuis plusieurs siècles représenté un objectif pour toutes sortes d’aventuriers, en commençant par sa première ascension en 1786, mais aussi un objet de fascination dans les œuvres culturelles.
Géographie
Situation
Le Montblanc s’élève au cœur du massif du Mont-Blanc et constitue le point culminant de la chaîne des Alpes. C’est également le plus haut sommet d’Europe occidentale, ce qui lui vaut le surnom de Toit de l’Europe. Il se situe à cheval entre la France et l’Italie, au sud de Chamonix (département de la Haute-Savoie, 200 kilomètres à l’est de Lyon) et au nord-ouest de Courmayeur (vallée d’Aoste, 150 kilomètres au nord-ouest de Turin).
Il domine les fameuses aiguille du Midi au nord et Grandes Jorasses au nord-est, et alimente directement le glacier des Bossons vers la vallée de l’Arve.
Panorama
Depuis le sommet du Montblanc, il est possible de voir ou d’apercevoir quatre massifs montagneux : le Jura, les Vosges, la Forêt-Noire et le Massif central. La vision théorique lointaine dépend de la géomorphologie et de l’influence de la courbure terrestre.
Le Léman, les Alpes de Haute-Savoie et le Montblanc, vus de La Barillette
Altitude du Montblanc
Depuis 1863, l’altitude officielle du plus haut sommet des Alpes a longtemps été de 4 807 mètres (altitude ellipsoïdale géopotentielle), même si elle avait été affinée à 4 807,20 mètres en 1892.
En août 1986, une mesure orthométrique par satellite donne une altitude de 4 808,40 mètres
À partir de 2001, la périodicité des mesures devient biennale et se base sur des mesures de la Chambre départementale des géomètres experts de la Haute-Savoie, à l’aide du système GPS, encadrée par des guides de Chamonix et de Saint-Gervais, et un traitement géodésique de l’IGN. La mesure faite cette année-là donne 4 810,40 mètres
Mais après la canicule, une nouvelle mesure effectuée les 6 et 7 septembre 2003, constate une hauteur de 4 808,45 mètres et un décalage de l’arête sommitale de 75 centimètres vers le nord-ouest par rapport à la campagne de 2001[4]. Lors de cette campagne 2003, les mesures de plus de 500 points de repères ont été prises, afin d’étudier la calotte sommitale dans son ensemble et de la modéliser entièrement.
Cependant, d’après le glaciologue Luc Moreau et Météo France] qui collaborent aux mesures, l’interprétation populaire selon laquelle la canicule est responsable de cette diminution de l’altitude est contestable, car elle n’aurait pas entraîné de fonte significative des glaces au-dessus de 4 000 mètres d’altitude. Il pourrait simplement s’agir d’un mouvement aléatoire de la calotte glaciaire sommitale, au gré des vents violents soufflant à cette altitude. Effectivement, à cette altitude le thermomètre passe rarement au-dessus de 0°C, cependant même si lors de l’été 2003, la température est montée, durant quelques jours, à +2°C et même +3°C, cela ne suffit pas pour provoquer l’évaporation de la glace qui est restée à -15°C. En fait, cette diminution pourrait résulter de trois phénomènes :
- Un phénomène de tassement général du manteau glaciaire.
- Un tassement local dû aux centaines de personnes supplémentaires qui ont gravi le Montblanc durant l’été 2003, en raison du nombre plus important de journées de beau temps. Cinq parapentistes, qui avaient réalisé une première en atteignant le sommet, ont signalé avoir atterri dans une couche superficielle de neige détrempée, dans laquelle ils se sont enfoncés jusqu’aux genoux.
- De plus, le sommet du Montblanc fonctionnant comme une énorme congère, ce sont les vents qui déposent la neige sur le sommet et modifient sa composition. Avec le moindre nombre de jours ventés, moins de neige s’accumule au sommet.
Lors de la campagne 2005 rendue publique le 16 décembre, l’altitude du Montblanc a été mesurée à 4 808,75 mètres, soit 30 cm de plus que la précédente mesure[4].
Enfin, lors de la campagne des 15 et 16 septembre 2007, l’altitude du Montblanc a été mesurée à 4 810,90 mètres, soit 2,15 mètres de plus que la précédente mesure[4],[1]. Le volume de neige a presque doublé, par la même occasion, depuis 2003, passant de 14 600 m3 à 24 100 m3.
L’altitude donnée est toujours celle de l’épaisse couche neigeuse coiffant la cime. Du sommet jusqu’à mi-hauteur, il est recouvert de « neiges éternelles » (de 15 à 23 mètres d’épaisseur). Le sommet rocheux, lui, culmine à 4 792 mètres et il est décalé de 40 mètres à l’ouest par rapport au sommet, d’après les instruments radar et des carottages[4].
Le Montblanc est le plus haut sommet d’Europe occidentale[7]. Cependant, si on considère que l’Europe s’étend jusqu’au Caucase — conformément à la vision géopolitique du Conseil de l’Europe —, alors quatre sommets le dépassent sur les territoires russes et géorgiens : l’Elbrouz qui culmine à 5 642 mètres[8], le Dykh Tau à 5 203 mètres, le Chkhara à 5 058 mètres et le Kazbek à 5 047 mètres.
Climat []
Au sommet, la vitesse du vent peut atteindre 150 km/h et la température -40°C[7],[9].
Les conditions météorologiques peuvent changer très rapidement (neige, brouillard). Le vent renforce l’effet de froid (effet de Windchill) : la température apparente chute de 10°C tous les 15 km/h de vent[10].
Il peut contribuer à lui seul à l’échec d’une ascension, même par des professionnels.
Géologie []
Le Montblanc est représentatif de la géologie du massif : il est constitué de granite aux parois abruptes à l’est et au nord tandis que le pluton est recouvert de gneiss à l’ouest et au sud. Il se situe donc à la jonction entre ces deux masses rocheuses cristallines, le sommet lui-même, entièrement sous la neige, étant très certainement constitué de gneiss[11].
Faune et flore []
Dans les Alpes, les névés persistent au-delà de 2800 mètres d’altitude. Les premières pentes du Montblanc se situant vers 3500 mètres, elles se trouvent donc au-delà de la limite de l’étage nival. Le manteau neigeux important et les conditions climatiques extrêmes rendent les conditions de vie des espèces végétales et animales presque impossibles.
Pourtant, aux altitudes les plus basses ou dans les creux de falaises abrités, certaines plantes arrivent à subsister comme la renoncule des glaciers que l’on trouve jusqu’à 4 000 mètres. Cependant, la flore se limite essentiellement à des mousses et lichens.
Les mammifères ne peuvent pas vivre dans les conditions décrites, contrairement à certaines espèces d’oiseaux : chocards à bec jaune, lagopèdes, accenteurs alpins et autres niverolles alpines.
L’ascension []
Préparation []
De nos jours, ce sommet accueille des centaines d’alpinistes par an et est considéré faussement comme une ascension longue mais facile pour peu que l’on soit bien entraîné et habitué à l’altitude[9]. Cette impression est renforcée par le fait que lorsqu’on se trouve à l’aiguille du Midi, par beau temps, le Montblanc peut paraître comme « une aimable colline enneigée », 1 000 mètres plus haut.
Cependant, chaque année, le massif du Montblanc fait de nombreuses victimes (5 à 7 par an rien que par la Voie Royale)[9]. C’est une course qui nécessite d’avoir un minimum de connaissances de la haute montagne et qui ne doit pas être faite sans être accompagné par un guide ou pour le moins par une personne compétente, ni sans un équipement adéquat[10]. Il s’agit d’une course réellement longue qui présente des passages délicats comme le couloir du Goûter avec des chutes de pierres ; de plus, une nuit dans le refuge est une condition minimale pour s’habituer à l’altitude et être moins exposé au redoutable mal aigu des montagnes qui peut entraîner la mort.
Preuves de cette difficulté, 120 interventions ont été réalisées en 2006 par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) dont 80% pour épuisement (mauvaise préparation physique, manque d’acclimatation) ; 30% des alpinistes présentent des blessures (gelures, blessures par crampons, troubles liés à l’altitude) lors de leur retour au refuge. Le taux de réussite est de 33% seulement sans l’aide d’un professionnel (50% avec)[10]. En cas de dégradation des conditions climatiques, il faut impérativement rebrousser chemin.
L’ascension demande une technique spécifique en alpinisme qu’il ne faut pas négliger : préparation de fond 3 mois avant le départ, usage des crampons et piolet, progression avec encordement, acclimatation à l’altitude[10]. Malgré tout cela, 2 000 à 3 000 personnes réussissent l’ascension chaque année.
Les différents itinéraires []
Il existe quelques itinéraires « classiques » pour faire l’ascension du Montblanc[9],[12],[13] :
- La Voie normale ou Voie des Cristalliers, ou « Voie Royale ». Au départ de Saint-Gervais, on monte tout d’abord par le TMB (Tramway du Mont-Blanc) pour rejoindre le Nid d’Aigle. L’ascension débute alors en direction du refuge de Tête Rousse, puis passe par le dangereux couloir du Goûter (chutes de pierre fréquentes) afin de rejoindre le refuge du Goûter pour la nuit. Le lendemain (départ vers 2h…), l’ascension passe par le Dôme du Goûter, le refuge Vallot et l’arête des Bosses. Il s’agit sans doute de l’itinéraire le plus fréquenté.
- La Voie des 3 Monts Blancs, ou « La Traversée ». Au départ de Chamonix, on monte tout d’abord par le Téléphérique de l’aiguille du Midi, puis on descend en direction du col du Midi. De là, on rejoint le refuge des Cosmiques pour y passer la nuit. Le lendemain, l’ascension passe par le Montblanc du Tacul, puis le Mont Maudit. Certains, pour éviter l’inconfort d’une nuit en refuge, font la course “à la benne” en partant le matin de Chamonix.
- L’itinéraire historique, par les Grands Mulets, plutôt utilisé l’hiver en ski, ou en été pour la descente sur Chamonix. Il est actuellement peu fréquenté car considéré comme dangereux (avalanches).
- La voie normale italienne, ou la route des Aiguilles Grises. Après la traversée du glacier du Miage, la nuit se passe au refuge de Gonella. Le lendemain, passage par le Col des Aiguilles Grises, puis par le Dôme du Goûter où l’on retrouve l’arrête des Bosses.
- La traversée Miage – Bionnassay – Montblanc, qui se fait généralement en 3 jours. Au départ des Contamines-Montjoie, la nuit est passée au refuge des Conscrits. Le lendemain, traversée des Dômes de Miage pour rejoindre le refuge Durier. Le 3e jour, ascension de l’Aiguille de Bionnassay, puis passage par le Dôme du Goûter.
Histoire du Montblanc []
Le tracé de la frontière []
Selon qu’on consulte une carte éditée en France ou en Italie, on ne lit pas le même tracé de la frontière au sommet du Mont-Blanc : sur les cartes italiennes, le sommet est un point de la ligne séparant les deux États, et est donc binational. En revanche, les cartes françaises font apparaître une bande de terre française approximativement triangulaire qui pointe vers le sud au niveau du Mont-Blanc : selon ces cartes, le sommet du massif serait donc entièrement en France, la frontière passant par le Montblanc de Courmayeur.
Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette situation, il faut d’abord savoir que l’existence d’une frontière à travers le massif remonte à la cession de la Savoie à la France, donc à 1860 qui est régie par un traité de Turin et ses protocoles annexes.
Une carte jointe au traité, assez imprécise, fait néanmoins assez clairement passer la frontière par la calotte sommitale.
C’est très tôt, à partir de 1865 que les cartes françaises se mettent à présenter une nouvelle version du tracé : la carte topographique d’État-Major du capitaine Jean-Joseph Mieulet fait en effet apparaître le triangle de terres françaises qui figure jusqu’à aujourd’hui sur les cartes éditées du côté français. Les cartes italiennes, notamment l’Atlas Sarde de 1869, font elles état du tracé passant par le sommet.
On peut également mentionner l’existence, côté français, d’un arrêté du 21 septembre 1946 qui partage le secteur du dôme du Goûter et du Montblanc entre les trois communes de Saint-Gervais-les-Bains, Les Houches et Chamonix-Mont-Blanc. Cet arrêté adopte l’interprétation du tracé frontalier des cartes d’état-major françaises et divise d’ailleurs le triangle litigieux au sud du Montblanc entre les deux communes de Chamonix et de Saint-Gervais. Des pièces analysées par un érudit italien montrent que la préparation de cet arrêté a été étudiée jusqu’au niveau ministériel (une note datée du 5 juin 1946 et établie par le ministère des Affaires étrangères français y a été consacrée).
Sur la fin du XXe siècle, la question est évoquée à plusieurs reprises par des articles ou ouvrages érudits, particulièrement du côté italien, qui soutiennent que le tracé figurant sur les cartes françaises est sans fondement juridique. La question ayant attiré l’attention du grand public (elle est même relayée officiellement par le député du val d’Aoste Luciano Caveri dans une question à la chambre), les autorités italiennes font valoir en 1995 leur position aux autorités françaises par un mémoire, à l’occasion des travaux d’une commission chargée de fournir un tracé plus précis de la frontière. La France s’étant abstenue d’y répondre, et le gouvernement italien n’ayant pas appuyé avec véhémence sa revendication, la situation perdure à l’identique aujourd’hui et ne semble à ce jour tranchée par aucune pièce nouvelle
Les premières ascensions du Montblanc[]
La première ascension connue du sommet remonte au 8 août 1786 par Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard, à l’instigation d’Horace-Bénédict de Saussure, lequel offrit une récompense pour sa première ascension, en pensant percer ainsi le mystère de la formation géologique des Alpes[15]. Cet exploit, pour l’époque, a marqué les débuts de l’alpinisme tel qu’on le connaît aujourd’hui. Presqu’un an jour pour jour après, le scientifique entreprend de monter lui-même, avec 19 autres personnes, au sommet.
La première femme à atteindre le sommet est Marie Paradis le 14 juillet 1808[15] mais, de son propre aveu, elle est « traînée, tirée, portée » par les guides. La seconde ascension féminine est réussie par Henriette d’Angeville, alors habillée d’une robe, le 4 septembre 1838[16]. La première ascension hivernale est faite par l’anglaise Isabella Stratton le 31 janvier 1876[17].
Le premier accident mortel et la création de la Compagnie des guides []
Le premier accident mortel a eu lieu en 1820, lors de la dixième ascension[18]. Cette expédition a été rapportée par Alexandre Dumas qui en a recueilli le récit détaillé auprès du guide Marie Coutet, rescapé de l’expédition[19] : les clients sont le colonel anglais Anderson et le docteur Hamel, météorologue de l’empereur de Russie. Après deux nuits et une journée passées aux Grands-Mulets, les clients exigent de monter au sommet malgré une météo défavorable et les guides, au nombre de treize, n’osent pas leur refuser. L’équipée progresse dans de la neige fraîche qui lui monte aux genoux. En fait, comme les alpinistes se suivent les uns derrière les autres, leur sillon coupe la plaque à vent et ils finissent par déclencher une avalanche qui les emporte. Les trois guides de tête tombent dans une crevasse deux-cents mètres plus bas et, ensevelis, ils ne peuvent être sauvés. Leurs restes sont retrouvés en 1861, encore bien conservés, au bas du glacier des Bossons.
Toutefois, la peine et la consternation poussent les guides à s’unir l’année suivant le drame. Le 9 mai 1823, un manifeste de la chambre des députés de Turin, approuvé par Charles-Félix de Savoie, rend officielle la création de la Compagnie des guides de Chamonix. Les articles prévoient que le voyageur est conduit sur les montagnes par des guides de première classe qui ont l’expérience et le contact nécessaires. La seconde classe est constituée par des guides de moindre expérience qui travaillent surtout comme porteurs ; enfin une troisième catégorie, celle des aspirants-guides apprenant le métier[18].
Aujourd’hui, la Compagnie compte plus de 150 membres professionnels, guides et accompagnateurs.
Le refuge Vallot
Les premières véritables études scientifiques du sommet du Montblanc ont été conduites sur commande du botaniste et météorologue Joseph Vallot à la fin du XIXe siècle. Ce dernier voulait demeurer plusieurs semaines dans le voisinage du sommet et il fit procéder à la construction d’un refuge en dur[20].
Aujourd’hui, ce refuge n’est pas gardé et n’accueille plus les alpinistes. Il reste utilisé par des scientifiques qui étudient la physiologie en altitude. C’est une véritable petite maison, comprenant tout ce qui est nécessaire pour passer une nuit : cheminée, poêle, petite cuisine, réserve de bois. On peut également y découvrir le matériel de météorologie de Joseph Vallot. Une annexe métallique est en revanche accessible en permanence et permet aux alpinistes de se reposer ou de se réfugier par mauvais temps.
L’observatoire Janssen []
En 1891, Jules Janssen, académicien des sciences, envisage la construction d’un observatoire au sommet pour y effectuer des mesures sur le spectre solaire. Gustave Eiffel décide de procéder à l’exécution du projet, à condition de trouver des fondations solides. Des explorations préliminaires sont lancées pour trouver un point d’ancrage sous la direction de l’ingénieur suisse Imfeld, qui fore 15 mètres sous la calotte sommitale. Il ne rencontre aucun élément pierreux. Déçu, Eiffel renonce[21].
L’observatoire est malgré tout construit en 1893 ; il repose sur des vérins destinés à compenser les éventuels mouvements de la glace. Le tout fonctionne peu ou prou jusqu’en 1906, quand le bâtiment commence à pencher sérieusement. La manœuvre des vérins permet de compenser l’assiette. Mais, trois ans plus tard, deux après la mort de Janssen, une crevasse s’ouvre sous l’observatoire, qui est abandonné. Il disparaît dans les glaces et seule la tourelle est sauvée in extremis[21].
Les naufragés de 1956 et la création du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) []
En décembre 1956, deux jeunes alpinistes, Jean Vincendon, un jeune parisien de 24 ans, et François Henry, un jeune belge de 22 ans, ont comme projet l’ascension hivernale du Montblanc par l’éperon de la Brenva. Ils ont bien préparé leur expédition mais ils vont se heurter à une succession de malchances et les choix qu’ils vont faire seront dramatiques, d’autant plus que le mauvais temps prolongé est exceptionnel[22].
Ils partent le 22 décembre 1956. Au début de leur montée, la météo devient mauvaise et les alpinistes décident de renoncer, lorsqu’ils croisent sur les pentes un de leurs héros, l’italien Walter Bonatti. Cette rencontre va les inciter à continuer leur montée, mais la tempête qui s’installe les bloque sur un sérac en bordure du Grand Plateau[22].
Un long calvaire de cinq jours commence pour eux, suivi aux jumelles depuis le sommet du Brévent et à la longue-vue depuis Chamonix. Plus de deux cents journalistes accourent et toute la France et la Belgique suivent le calvaire des deux jeunes alpinistes. Les professionnels de la montagne déclarent le 26 décembre : « On ne va pas risquer nos vies pour ces imprudents ! Vouloir faire la Brenva en hiver est pure folie ». Cependant, profitant d’une brève accalmie, un hélicoptère Sikorsky 58 de l’armée française, avec deux pilotes et deux sauveteurs secouristes, tente de les sauver mais s’écrase. Les deux sauveteurs secouristes prennent la décision de sauver en priorité le pilote et le copilote, peu aguerris à la haute montagne, et ils les emmènent vers le refuge Vallot. Avant de partir, ils transfèrent les deux jeunes alpinistes dans la carlingue de l’appareil, leur donnent quelques aliments et de la benzédrine pour les aider à ne pas s’endormir[22].
Mais la tempête s’installe et toute nouvelle expédition est rendue impossible. De leur côté, les autorités rechignent à engager des moyens militaires importants pour sauver les deux jeunes imprudents alors que le contingent est engagé dans la guerre d’Algérie. Le 3 janvier 1957, les autorités déclarent abandonner les secours et annoncent aux familles la fin de cette aventure. Cette affaire va secouer le monde de la montagne car « elle reste le symbole d’un manquement, celui de la communauté des guides qui a failli au devoir sacro-saint du secours »[23].
Finalement, le 20 mars 1957, la caravane de secours découvre les corps des deux alpinistes dans l’hélicoptère[22]. La Compagnie des guides de Chamonix est montrée du doigt, pourtant les guides avaient à plusieurs reprises déjà tiré la sonnette d’alarme en soulignant que toujours plus d’amateurs alpinistes c’était aussi toujours plus d’accidents et qu’ils ne pouvaient plus faire face. La polémique qui suit ce drame et les tergiversations des autorités civiles et militaires sont à l’origine de la professionnalisation des secours et de la création du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne). En 1958, les autorités décident de la création d’une organisation professionnelle de secours en montagne confiée à la gendarmerie et aux CRS sous l’autorité du préfet. Le premier groupe constitué d’une douzaine de gendarmes est installé à Chamonix[24].
Les exploits []
Quelques dates ont marqué la conquête du Montblanc[15] :
- Le 8 août 1786, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard réalisent la première ascension du Montblanc.
- Le 14 juillet 1808, la chamoniarde Marie Paradis est la première femme au sommet du Montblanc.
- La 31 janvier 1876, la première ascension hivernale est effectuée par l’anglaise Isabella Stratton.
- Le 11 février 1914, Agénor Parmelin est le premier aviateur à survoler le massif[25].
- En février 1929, Marguette Bouvier effectue la première descente à skis par -40°C, avec le guide Armand Charlet.
- Le 23 juin 1960, l’aviateur Henri Giraud se pose sur le sommet du Montblanc sur un « terrain » de 30 mètres de long[26].
- En 1972, Morand parcourt la distance entre le refuge du Goûter et le sommet en moto.
- Le 24 juin 1973, Sylvain Saudan effectue la première descente à ski de la face sud-ouest.
- Le 21 juillet 1990, le Suisse Pierre-André Gobet réalise l’ascension au départ de Chamonix en 5h10′14 aller-retour.
- Le 13 août 2003 à 13h30, sept parapentistes français ont réalisé une première en se posant au sommet du Montblanc[27] : cinq d’entre eux étaient partis de Planpraz à 1 900 mètres d’altitude, de l’autre côté de la vallée de Chamonix, un autre était parti de Rochebrune à Megève et le dernier de Samoëns. Ils ont profité de conditions climatiques dues à la canicule qui leur ont permis de réaliser leur exploit en passant par l’aiguille du Tricot (3 600 mètres), puis profitant de thermiques exceptionnels de monter jusqu’à 5 200 mètres.
Protection du Montblanc []
Le site du massif du Mont-Blanc fait l’objet d’un projet de classement au patrimoine mondial de l’Unesco en tant que « site exceptionnel unique au monde » et en tant que haut lieu culturel, lieu de naissance et symbole de l’alpinisme[28],[29]. Ce projet n’est pas partagé par tous et devrait faire l’objet de demandes conjointes des trois gouvernements français, italien et suisse[30],[31].
Mais le Montblanc est l’un des sites touristiques les plus visités de la planète et de ce fait il est en danger. L’association Pro-Montblanc a édité en 2002 le livre Le versant noir du Montblanc qui expose les problèmes actuels et futurs qui se posent pour conserver le site en l’état[32].
Le seuil de surfréquentation du Montblanc est atteint, avec 300 à 400 départs par jour en été[10]. Lors du sommet du Conseil national de la montagne qui s’est tenu à Sallanches, fin août 2006, il a été estimé que 25 000 à 30 000 personnes se sont lancées en 2005 à la conquête du Montblanc. Avec l’ouverture des nouveaux marchés (Russie, Chine, Inde), ce sont 50 000 à 100 000 personnes qui pourraient demain tenter l’aventure, le chiffre de 200 000 ayant même été avancé[33]. Ces perspectives sont cauchemardesques pour les défenseurs du site et pour certains responsables politiques de la vallée, comme le maire de Saint-Gervais-les-Bains, commune sur laquelle se situe le Montblanc. Lors de l’été 2003, avec la sécheresse et une fréquentation accrue du site, plusieurs dizaines de tonnes de détritus et déchets divers ont été laissées par les alpinistes qui campaient dans le secteur du refuge du Goûter.
Selon Jean-Marc Peillex[33], le maire : « C’était plus des WC à ciel ouvert qu’un glacier. On est pourtant dans un site classé où, selon la loi de 1930, le camping est interdit. Et on laisse malgré tout des dizaines d’alpinistes s’installer et polluer notre réservoir d’eau de demain. »
Selon le gardien du refuge[33] : « Ces gens qui dorment dans des tentes sont en majorité étrangers, ont peu de moyens et ne peuvent pas forcément se payer les 25 euros de la nuit en refuge. Alors ils campent parfois plusieurs jours en attendant un créneau météo favorable. Il y en a qui sont respectueux de la montagne, qui redescendent leurs déchets au refuge, viennent dans nos toilettes et d’autres qui abandonnent leurs poubelles sur ce camping improvisé. Quand on monte là-haut, on peut voir des traces d’urine partout dans la neige, des excréments… alors qu’on pense se trouver dans une montagne pure et préservée. »
Le maire de Saint-Gervais-les-Bains propose la mise en place d’un permis d’ascension — comme cela se fait au Népal —, dont la délivrance serait liée au nombre de places disponibles dans les refuges du Goûter — qui va être agrandi avec la construction d’un nouveau bâtiment — et de la Tête rousse. Cependant certains alpinistes, dont certains très connus, sont contre l’idée de ce permis d’ascension, qui serait contraire à leur liberté. Selon le président des guides : « La montagne doit rester un espace de liberté … Chacun doit pouvoir accéder aux sommets sans contrainte financière. De nombreux collègues ne seraient sans doute jamais devenus guides si une telle réglementation avait existé », et le célèbre alpiniste, Christophe Profit, demande même la suppression des refuges : « Car si les gens plantent leur tente là-haut, c’est parce qu’il y a un hébergement à proximité. Sans refuge, le problème serait réglé. »[33]
Économie []
Retombées financières régionales []
Le tourisme généré par l’afflux d’alpinistes, et malgré les problèmes engendrés par la surfréquentation, apporte des retombées économiques directes à la région, qui compensent les frais d’entretien des installations (refuges, etc.) et de sauvetages d’urgences.
Différentes formules permettent de faire l’ascension du Montblanc avec ou sans stage d’acclimatation à l’altitude. La Compagnie des guides de Chamonix propose l’ascension simple sur deux jours pour un tarif de 730 euros par personne (été 2007), mais ne compte pas les frais supplémentaires (remontées mécaniques, demi-pension en refuge, etc.)]. La Compagnie des Guides réalise un chiffre d’affaires de 2,8 millions d’euros (dont 2,5 millions grâce à la Compagnie des Guides-Voyages), correspondant à 8 000 journées de travail.
Les activités de la Compagnie du Mont-Blanc s’étendent sur tout le massif mais sont révélatrices du sommet. Elle a été créée en 2000 pour regrouper les domaines skiables des différentes sociétés de la vallée de Chamonix et fusionner toutes les remontées mécaniques des environs. Elle emploie 215 personnes (jusqu’à 260 avec les saisonniers). Ses activités vont du magasin de souvenirs à l’exploitation des remontées mécaniques et des domaines skiables en passant par l’exploitation de restaurants. Son chiffre d’affaire 2004 est de 54,5 millions d’euros
La montagne apporte également des retombées économiques indirectes, avec une dynamisation de la région, par exemple avec l’installation de nombreuses entreprises liées aux sports d’hiver dans la vallée de Chamonix et le doublement du nombre de marques et enseignes (Décathlon, Salomon, etc.).
Le label « Montblanc » []
Le label « Montblanc » est porteur, à tel point que des entreprises sans lien direct apparent ont choisi un nom similaire.
Depuis 1906, la société allemande Montblanc (Montblanc International GmbH) commercialise d’abord des Stylos bille Génération , puis des montres , des petits porte monnaie , des lunettes et des parfums. La marque est déposée. Le symbole le plus fort de la marque se révèle être incontestablement l’étoile blanche. Le nombre 4810 est également un élément récurrent.
Les crêmes dessert Montblanc sont fabriquées par la laiterie de Chef-du-Pont (Manche), rachetée par Activa Capital en 2003 à Nestlé[38]. L’entreprise propose également depuis 2006 des gourdes et des bâtonnets glacés.
Le Montblanc dans les œuvres culturelles
Au cinéma et à la télévision []
- Documentaire : La Terre, son visage de Jean-Luc Prévost – éd. Société nationale de télévision française, 1984, série Haroun Tazieff raconte sa terre, vol. 1. Il présente la traversée ouest-est du Montblanc qu’il a faite jadis en compagnie d’amis cinéastes.
- Film Malabar Princess : au pied du Montblanc, Tom, un enfant de huit ans, cherche à retrouver sa mère, disparue cinq ans auparavant en recherchant l’épave d’un avion indien qui s’est écrasé en 1950, le Malabar Princess.
- Film Premier de cordée : Pierre Servettaz est un jeune aspirant guide, mais un accident va contrarier ses projets de carrière. Malgré cela, il fera tout pour arriver à ses fins…
- Film-TV Premier de cordée.
Dans la littérature []
- Roger Frison-Roche, Premier de cordée (et d’autres…)
- Colette Cosnier, Hugo et le Mont-Blanc
- Juliusz Słowacki, Kordian
- Jules Verne, Quarantième ascension française au Mont-Blanc
- Gaston Rébuffat, Mont-Blanc, jardin féerique, Ed. Guérin, coll. Texte & Images, 1998 (ISBN 2911755251)
Personnalités et le Montblanc []
Mary Shelley en villégiature en 1816 à Cologny près de Genève, en compagnie de son mari et de leur ami commun Lord Byron, découvrit les montagnes alpines qui offrirent à sa plume tant d’occasions de peindre des paysages qui forcent l’admiration. Le massif du Mont-Blanc était tout à côté et sa présence est réelle dans son œuvre majeure Frankenstein, lorsqu’elle décrit : « le rugissement furieux de la rivière (…) les précipices (…) les immenses montagnes (…) révélaient en ces lieux la présence de forces évoquant celle de la toute puissance (…), les géants prestigieux des Alpes (…sont des…) pyramides et des dômes blancs et étincelants (…) un autre monde, habitat d’une espèce inconnue de nous. »
George Sand venue en Savoie en 1836 accompagnée de son compagnon Franz Liszt et du savant et philosophe genevois Adolphe Pictet a parcouru la vallée de l’Arve et franchi le col des Montets, elle commence sa description, puis laisse filer son imagination dans des métaphores : « La pomme de terre est l’unique richesse de cette partie de la Savoie. Les paysans pensent qu’en établissant une couche de fumée sur la région moyenne des montagnes, ils interceptent l’air des régions supérieures et préservent de son atteinte le fond des gorges (…) cette ligne de feux, établis comme des signaux tout au long du ravin, m’offrit au milieu de la nuit un spectacle magnifique. Ils perçaient de taches rouges et de colonnes de fumée noire le rideau de vapeur d’argent où la vallée était entièrement plongée et perdue. Au-dessus des feux, au-dessus de la fumée et de la brume, la chaîne du Montblanc montrait une de ces dernières ceintures granitiques, noire comme de l’encre et couronnée de neige. Ces plans fantastiques semblaient nager dans le vide. Sur quelques cimes que le vent avait balayées, apparaissaient, dans un firmament pur et froid, de larges étoiles. Ces pics de montagnes, élevant dans l’éther un horizon noir et resserré, faisait paraître les astres étincelants. L’œil sanglant du Taureau, le farouche Aldébaran, s’élevait au-dessus d’une sombre aiguille, qui semblait le soupirail du volcan d’où cette infernale étincelle venait de jaillir. Plus loin, Formalhaut, étoile bleuâtre, pure et mélancolique, s’abaissait sur une cime blanche et semblait une larme de compassion et de miséricorde tombée du ciel sur la pauvre vallée, mais prête à être saisie en chemin par l’esprit perfide des glaciers. »
- Information sur les assurances crédit
L’assurance crédit permet à un emprunteur de consolider la réalisation de son crédit, les organismes d’assurance présentent de nombreuses possibilités de contrat d’assurance crédit.